Via Integra

Fr Mark's progressive Anglo-Catholic take on European Christianity

  • This is my collection of material about the current state of the churches in Europe. I am interested in looking at how they are dealing with the pressing issues of our time: the issues of gay people and women in ministry/ leadership are particularly pressing at the moment, as is the area of declining church attendance.

    I would like to see how Europe's traditional religious institutions are coping with the new Europe currently being forged, in which public opinion and ethical attitudes are becoming inceasingly pan-European, and are evidently presenting a series of strong challenges for the churches.

France – the gay issue

Posted by Fr Mark on August 10, 2009

marianneThe famous “Bègles marriage” was a same-sex marriage solemnised by the Mayor of Bègles in 2004  (and later annulled by the courts).  It was also given a church blessing by Pastor Caroline Blanco, who explains here that she had already conducted some 400 similar blessings, continuing the work of Joseph Doucé, who started blessing same-sex couples in 1976.

From FGL Documents:

http://www.france.qrd.org/pa/article.php3?id_article=1170

Le jour J de Franck et Thierry

  

 

Les derniers préparatifs

Le mariage de Bègles aurait-il fait des émules À Caudebec-lès-Elbeuf, petite ville située à une trentaine de kilomètres au Sud de Rouen, on se défend de vouloir jouer un remake du 5 juin. En effet, c’est en mars 2004 que Noël Caru, maire divers gauche (ex-PS) de la commune, avait retenu la possibilité d’une « cérémonie symbolique » en mairie. Quelques temps avant le jour J, l’essentiel était déjà en place. Il restait bien sûr les derniers détails. Préparer la salle vendredi soir. Et samedi, pas une seconde à perdre : revoir la salle une dernière fois, décorer les voitures. C’est Thierry qui a décoré l’inévitable voiture-balai et, naturellement, celle des mariés, une flambant neuve 307 CC noire. Puis vient l’heure de l’habillage. Costume gris anthracite, cravate rayée gris-blanc et chemise blanche pour Franck ; costume noir col Mao, cravate grise et chemise blanche pour Thierry. « On ne fait pas ça à la légère », confie Franck mi-ému, mi-stressé. Plusieurs semaines après son agression par un collègue de travail qui devait être son témoin, Franck va mieux. La vie a repris ses droits.

À la Mairie

13 heures. Une heure avant la cérémonie, quelques badauds affluent déjà. Selon une femme venue voir « de loin, pour rigoler », « l’homosexualité est un dysfonctionnement du cerveau ». Ce fut une des rares paroles plus bêtes que méchantes de la journée. Après les réactions menaçantes du gouvernement suite au mariage de Bègles, il n’était plus question de mariage traditionnel. À 13 heures 45, il n’y a plus une place assise dans la salle des mariages. De nombreux journalistes et photographes se pressent autour du couple. Noël Caru, pourtant en vacances à plus de 1.000 kilomètres de Caudebec-lès-Elbeuf, provoque la surprise en revenant exprès pour présider la cérémonie. « Je suis revenu pour ne pas laisser croire que j’avais pris une décision, seul, et que je me défilais devant mes responsabilités », a-t-il justifié. Peu avant 14 heures, Noël Caru, prend la parole. Il prononce d’abord un discours en forme de règlement de comptes. Sur Noël Mamère : « Ce n’est pas ma vision de la démocratie ». À Lionel Jospin : « Vous n’avez pas su trancher et, aujourd’hui encore, vous vous opposez au mariage des homosexuels. Ne soyez pas étonné de votre résultat aux élections présidentielles ». Il s’est également défendu d’avoir donné les coordonnées de Franck et Thierry, ce qui contredit ce que ceux-ci ont déclaré dans IBnews le mois dernier Constatant que le Code civil actuel, « totalement désuet », ne permet pas le mariage d’un couple de même sexe, il a indiqué qu’il ne peut pas exiger de ses administrés qu’ils respectent la loi s’il n’en donne pas lui-même l’exemple. Le contenu de la séance s’est donc limité à une « cérémonie solennelle ». Pas d’écharpe tricolore, pas de livret de famille, pas d’inscription au registre d’état civil, pas de lecture des fameux articles 212 et suivants du Code civil. Un peu déçus par cette demi-mesure, Franck et Thierry admettent quand même que « pour un couple homosexuel, être uni dans une mairie, c’est un grand pas ». Après l’échange des consentements, le maire a déclaré le couple uni « au nom des valeurs républicaines ». C’est dans une émotion palpable que les actes ont été signés par les mariés, les témoins et le maire. Pour finir, les alliances en or blanc, les prénoms gravés à l’intérieur. Et le petit baiser se transforma en longue étreinte. Dans l’enthousiasme, une conférence de presse s’improvise. « Si j’étais contre le mariage de Franck, je ne serais pas là. Je suis fière de mon fils », affirme sa mère. Celui-ci confie : « Je suis sur un petit nuage », « C’est très intense ». Thierry pense déjà à l’adoption : « Si je peux rendre heureux un enfant qui ne l’est pas, alors je le ferai ». Puis avec solennité : « J’aime Franck ». À l’extérieur, un joli petit monde attend le couple et les couvrent de riz et de confettis. Sur le parvis de la Mairie, SOS Homophobie a déroulé un rainbow-flag et accueille les amoureux aux cris de « Vive les mariés ! Vive la République ! », « Les français évoluent plus vite que le gouvernement ! ». Vers 15 heures, direction Sotteville-sous-le-Val pour la bénédiction. Sur la gauche en partant, des applaudissements s’élèvent de la terrasse du Café de l’Hôtel de ville. Plus loin, d’autres habitants saluent le cortège. Seul bémol : la police aurait interpellé 4 ou 5 individus suspectés de vouloir jeter des œufs à la sortie du couple.

L’union devant Dieu

16 heures. De la ville à la pleine campagne et de la presse à l’intimité, le changement d’ambiance est radical. Le couple et ses proches retrouvent dans une salle à flanc de colline, recouverte de vigne vierge. La bénédiction est dirigée par la pasteure Caroline Blanco, responsable du Centre du Christ Libérateur (CCL). Elle a déjà uni de nombreux couples homosexuels. « Aucune des 400 bénédictions que j’ai célébrées ne m’a rapporté le moindre profit pécuniaire, mais beaucoup de bonheur et de satisfaction », dit-elle avec un sourire. Sa vocation ? Poursuivre l’œuvre du pasteur Joseph Doucé ayant opéré la première bénédiction d’un couple homosexuel en 1976. Il voulait « être au service des humains pour la gloire de Dieu ». Le CCL n’est pas une « Église de plus, nous sommes une Église temporaire », explique Caroline Blanco. « Le but de notre Église, c’est de réconcilier chacun avec sa propre religion ». Comme tous les couples unis par le CCL, Franck et Thierry ont suivi une préparation spirituelle au mariage. Trois thèmes fondamentaux sont débattus. « Premièrement, la valeur symbolique que chacun accorde à ce geste de bénédiction. Ensuite, la fidélité : sans juger, il s’agit de comprendre si le mot fidélité veut dire la même chose pour les deux partenaires. […] Enfin la position du couple dans le famille et de la famille dans le couple : je demande qu’au moins un membre de chaque famille soit présent. Il faut montrer que ce n’est pas une singerie du couple hétéro, c’est une affaire sérieuse ».

Et comme il n’y a pas de mariage sans son vin d’honneur, son repas et sa soirée dansante, c’est entre proches que les festivités se sont poursuivies. Enfin, Thierry a préparé et tiré un feu d’artifices. Dans sa famille, la tradition veut en effet que chaque grande occasion soit ainsi fêtée. Vive les mariés !

 

Loïc Frossard 

Le jour J de Franck et Thierry

 

 

 

Les derniers préparatifs

Le mariage de Bègles aurait-il fait des émules À Caudebec-lès-Elbeuf, petite ville située à une trentaine de kilomètres au Sud de Rouen, on se défend de vouloir jouer un remake du 5 juin. En effet, c’est en mars 2004 que Noël Caru, maire divers gauche (ex-PS) de la commune, avait retenu la possibilité d’une « cérémonie symbolique » en mairie. Quelques temps avant le jour J, l’essentiel était déjà en place. Il restait bien sûr les derniers détails. Préparer la salle vendredi soir. Et samedi, pas une seconde à perdre : revoir la salle une dernière fois, décorer les voitures. C’est Thierry qui a décoré l’inévitable voiture-balai et, naturellement, celle des mariés, une flambant neuve 307 CC noire. Puis vient l’heure de l’habillage. Costume gris anthracite, cravate rayée gris-blanc et chemise blanche pour Franck ; costume noir col Mao, cravate grise et chemise blanche pour Thierry. « On ne fait pas ça à la légère », confie Franck mi-ému, mi-stressé. Plusieurs semaines après son agression par un collègue de travail qui devait être son témoin, Franck va mieux. La vie a repris ses droits.

À la Mairie

13 heures. Une heure avant la cérémonie, quelques badauds affluent déjà. Selon une femme venue voir « de loin, pour rigoler », « l’homosexualité est un dysfonctionnement du cerveau ». Ce fut une des rares paroles plus bêtes que méchantes de la journée. Après les réactions menaçantes du gouvernement suite au mariage de Bègles, il n’était plus question de mariage traditionnel. À 13 heures 45, il n’y a plus une place assise dans la salle des mariages. De nombreux journalistes et photographes se pressent autour du couple. Noël Caru, pourtant en vacances à plus de 1.000 kilomètres de Caudebec-lès-Elbeuf, provoque la surprise en revenant exprès pour présider la cérémonie. « Je suis revenu pour ne pas laisser croire que j’avais pris une décision, seul, et que je me défilais devant mes responsabilités », a-t-il justifié. Peu avant 14 heures, Noël Caru, prend la parole. Il prononce d’abord un discours en forme de règlement de comptes. Sur Noël Mamère : « Ce n’est pas ma vision de la démocratie ». À Lionel Jospin : « Vous n’avez pas su trancher et, aujourd’hui encore, vous vous opposez au mariage des homosexuels. Ne soyez pas étonné de votre résultat aux élections présidentielles ». Il s’est également défendu d’avoir donné les coordonnées de Franck et Thierry, ce qui contredit ce que ceux-ci ont déclaré dans IBnews le mois dernier Constatant que le Code civil actuel, « totalement désuet », ne permet pas le mariage d’un couple de même sexe, il a indiqué qu’il ne peut pas exiger de ses administrés qu’ils respectent la loi s’il n’en donne pas lui-même l’exemple. Le contenu de la séance s’est donc limité à une « cérémonie solennelle ». Pas d’écharpe tricolore, pas de livret de famille, pas d’inscription au registre d’état civil, pas de lecture des fameux articles 212 et suivants du Code civil. Un peu déçus par cette demi-mesure, Franck et Thierry admettent quand même que « pour un couple homosexuel, être uni dans une mairie, c’est un grand pas ». Après l’échange des consentements, le maire a déclaré le couple uni « au nom des valeurs républicaines ». C’est dans une émotion palpable que les actes ont été signés par les mariés, les témoins et le maire. Pour finir, les alliances en or blanc, les prénoms gravés à l’intérieur. Et le petit baiser se transforma en longue étreinte. Dans l’enthousiasme, une conférence de presse s’improvise. « Si j’étais contre le mariage de Franck, je ne serais pas là. Je suis fière de mon fils », affirme sa mère. Celui-ci confie : « Je suis sur un petit nuage », « C’est très intense ». Thierry pense déjà à l’adoption : « Si je peux rendre heureux un enfant qui ne l’est pas, alors je le ferai ». Puis avec solennité : « J’aime Franck ». À l’extérieur, un joli petit monde attend le couple et les couvrent de riz et de confettis. Sur le parvis de la Mairie, SOS Homophobie a déroulé un rainbow-flag et accueille les amoureux aux cris de « Vive les mariés ! Vive la République ! », « Les français évoluent plus vite que le gouvernement ! ». Vers 15 heures, direction Sotteville-sous-le-Val pour la bénédiction. Sur la gauche en partant, des applaudissements s’élèvent de la terrasse du Café de l’Hôtel de ville. Plus loin, d’autres habitants saluent le cortège. Seul bémol : la police aurait interpellé 4 ou 5 individus suspectés de vouloir jeter des œufs à la sortie du couple.

L’union devant Dieu

16 heures. De la ville à la pleine campagne et de la presse à l’intimité, le changement d’ambiance est radical. Le couple et ses proches retrouvent dans une salle à flanc de colline, recouverte de vigne vierge. La bénédiction est dirigée par la pasteure Caroline Blanco, responsable du Centre du Christ Libérateur (CCL). Elle a déjà uni de nombreux couples homosexuels. « Aucune des 400 bénédictions que j’ai célébrées ne m’a rapporté le moindre profit pécuniaire, mais beaucoup de bonheur et de satisfaction », dit-elle avec un sourire. Sa vocation ? Poursuivre l’œuvre du pasteur Joseph Doucé ayant opéré la première bénédiction d’un couple homosexuel en 1976. Il voulait « être au service des humains pour la gloire de Dieu ». Le CCL n’est pas une « Église de plus, nous sommes une Église temporaire », explique Caroline Blanco. « Le but de notre Église, c’est de réconcilier chacun avec sa propre religion ». Comme tous les couples unis par le CCL, Franck et Thierry ont suivi une préparation spirituelle au mariage. Trois thèmes fondamentaux sont débattus. « Premièrement, la valeur symbolique que chacun accorde à ce geste de bénédiction. Ensuite, la fidélité : sans juger, il s’agit de comprendre si le mot fidélité veut dire la même chose pour les deux partenaires. […] Enfin la position du couple dans le famille et de la famille dans le couple : je demande qu’au moins un membre de chaque famille soit présent. Il faut montrer que ce n’est pas une singerie du couple hétéro, c’est une affaire sérieuse ».

Et comme il n’y a pas de mariage sans son vin d’honneur, son repas et sa soirée dansante, c’est entre proches que les festivités se sont poursuivies. Enfin, Thierry a préparé et tiré un feu d’artifices. Dans sa famille, la tradition veut en effet que chaque grande occasion soit ainsi fêtée. Vive les mariés !

 

Loïc Frossard 

marianneClaude and Michel speak of having their same-sex union blessed by a pastor in Paris.

From l’Express.fr 23.12.03

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sexualite/a-quand-le-mariage_491893.html

En France, on s’achemine vers la reconnaissance des concubins homos. Mais le vide juridique et la confusion règnent

L’un, Claude, est aide-soignant. L’autre, Michel, est policier. Ils ont 43 et 29 ans. Ils vivent ensemble depuis un an, comme un couple hétéro ordinaire. Ensemble, ils ont acheté leur salle à manger à crédit. Ensemble, ils iront défiler à la Gay Pride, le 22 juin, pour la reconnaissance du couple homosexuel: «On s’aime, c’est tout», disent-ils. Parce qu’ils avaient «besoin de s’engager, de se promettre assistance et fidélité», Claude et Michel se sont «spirituellement mariés», le 1er juin à Paris, avec la bénédiction du pasteur Caroline Blanco.

Voilà vingt ans, Claude et Michel auraient choqué tout le monde: les braves gens, plus enclins à ricaner qu’à comprendre, et la plupart des militants homosexuels, qui, à l’heure de la libération sexuelle, se gardaient de singer les hétéros. Aujourd’hui, les choses ont changé. Officiellement, depuis le 10 mai dernier, la SNCF ouvre ses tarifs «couple» aux gays. 280 mairies acceptent de délivrer des certificats de vie commune. Ici ou là, discrètement, des prêtres acceptent de bénir des unions; des élus, de célébrer des cérémonies laïques. Le pasteur Caroline Blanco, qui, voilà cinq ans, «mariait» une poignée de couples dans l’année, officie désormais trois fois par semaine. 234 personnalités plaident, dans Le Nouvel Observateur, pour la reconnaissance de l’union homo. Et la Lesbian and Gay Pride, cette manifestation qui, rituellement, avant l’été, en province et à Paris, exalte la fierté d’être différent, a choisi cette année le couple pour thème de fête et de revendication.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

 
%d bloggers like this: